La tranchée

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La tranchée

Message  kerpen le Lun 19 Avr - 20:50

Ouvrage défensif le plus simple à réaliser (une pelle et des "volontaires désignés"...), c'est aussi l'un des ouvrages défensifs les plus anciens avec la palissade et les murs. Elle apparait suite aux perfectionnements et la multiplication des armes à projectiles et la nécessité de protéger les troupes durant les sièges de forteresse (Vauban mettra au point ces techniques de siège voir le site http://www.vauban.asso.fr/systemes.htm, les premières tranchées sont les parallèles d'approche creusées pour s'approcher aux plus près des brêches dans les remparts. En effet les remparts étant garnies de troupes prêtes à faire feu sur le groupe adverse s'approchant pour l'assaut, il fallait protéger le groupe d'assaut jusqu'au moment de l'attaque, et donc pour cela on creusa des fossés réhaussés de gabions en osier remplis de terre, ces "tranchées" serpentaient au plus près des fortifications et pouvaient être recouvertes de madriers afin encore de protéger des projectiles. Elles n'étaient pas destinées à un usage défensif mais mixte dans le sens où elles protégeaient les assaillants des tirs ennemis et des sorties pour attauqer leur assiégeant tout en permettant l'assaut. Ce ne fut qu'avec la Guerre de Crimée et le siège de Sébastopol où des tranchées telles que nous les connaissons aujourd'hui sont apparues et dans un but défensif, positionner des tireurs dans un abri simple et facile à mettre en oeuvre et à réparer. Moins sensibles aux tirs d'artillerie, les tranchées peuvent être relevées en permanence contrairement aux remparts dévastées par un bombardement. On distingue plusieurs types de tranchées:

- les parallèles d'approche: ce sont des tranchées qui partent droit (les tranchées "d'attaques") vers les fortifications, sont gabionnées et réhaussées pour protéger des projectiles, parfois recouvertes de madriers, au fur et à mesure de la progression des poste de tir sont aménagés pour des canons, des mortiers, du matériel de faible mortier mais occasionnant plus de dégat et un gain de précision. Les tranchées partent ensuite à angle droit de chaque côté et ce sur plusieurs niveaux si nécessaires. Elles donnent sens alors au nom de parallèles d'approche car vue du ciel, ces tranchées sont disposées en lignes parallèles, ces tranchées abritent les pièces d'artillerie et des places d'armes pour y faire stationner les soldats au plus près du rempart lors de l'assaut et lui éviter de couvrir une trop grande distance et donc gagner en vitesse de manoeuvre. Les parallèles d'approche étaient autrefois utilisées pour les siège de fortifications de type rempart ou forteresse et vous pouvez en voir dans le film le dernier des Mohicans lors de l'attaque du fort anglais par les Français ou bien vous documentez sur le siège de Sébastopol de 1854 à 1855. Extrait du magazine Champs de Bataille numéro 31 de décembre à janvier 2010 page 50 :
"la poliorcétique au XIXe siècle
Les techniques d'attaque des places fortes reposent sur les principes de Vauban. Celui-ci a codifié la technique d'approche en faisant creuser trois tranchées parallèles (circonvallations fortifiées reliées entre elles par des tranchées de communication en ligne brisée pour éviter les tirs défensifs en enfilade. La première, trés fortifiée et creusée hors de portée de canon, sert de place d'arme et prémunit l'armée assaillante contre toute attaque à revers par une armée de secours. La deuxième, à portée de tir adverse, permet de positionner l'artillerie face à un point faible des fortifications. La troisième, à proximité immédiate des fortifications, permet de creuser un emine ou d emener un assaut si l'artillerie a permis d'ouvrir une brêche dans la muraille. Le retranchement doit être suffisant pour interdire une sortie des défenseurs. Sur la troisième parallèle, des levées de terre appelées "cavaliers de tranchées" permettent aux assaillants de dominer les positions de tir des assigés afin de les refouler à la grenade vers le corps de place et s'emparer du chemin couvert. Enfin, le "tir à ricochet" inventé en 1688, consiste à disposer les pièces de manière à prendre en enfilade la batterie adverse située sur la bastion attaqué. En employant de petites charges de poudre, un boulet peut avoir plusieurs impacts et en rebondissant balayer d'un seul coup toute une ligne de défense au sommet d'un rempart"





- les boyaux: les boyaux sont les tranchées qui relient les tranchées de première ligne à l'arrière du front, elles servent de ligne de communication où passent blessés, ravitaillement, renforts, relève, les communications. Elles sont aménagées de sortes à garantir un maximum de sécurité à ceux qui les empruntent et n'offre peu ou aucune posibilité de défense. Elles sont également peu confortables et souvent prise sous le tir de l'artillerie pour perturber la circulation. Leur étroitesse demande leur multiplication et par conséquent un véritable labyrinthe où il est aisé de s'y perdre. Ils relient les tranchées de première et deuxième ligne, voire plus si il y a.

- les tranchées: ce sont celles de première et deuxième ligne voire plus. Aménagées pour la défense mais également pour l'attaque, elles peuvent être rudimentaires comme sophistiquées, simplement creusées ou réalisées en béton, leur type est varié mais l'usage est le même, offrir à l'adversaire un obstacle sur lequel il se cassera les dents en l'attaquant et offrir une protection aux soldats. La tranchée peut être aménagée d'une banquette de tir, il s'agit d'un réhaussement sur lequel se tiennent debout ou accroupis les tireurs et ainsi en circulant debout dans la tranchée l'individu n'est ni voyant ni une cible pour un tireur d'élite. La tranchée est protégée à ses sommet par un petit réhaussement fait de sac de terre si les moyens le permettent des deux côtés, le parapet et le parados. Le parapet sert à protéger le tireur telle une muraille des tirs de face et le parados des éclats d'obus le dos. Dans le parapet peuvent être aménagées des fenêtres de tir, ce sont des meurtrières creusées dans la terre par lesquelles on peut observer ou bien tirer sur l'adversaire tout en étant mieux protégé, elles peuvent être munies de volets. Parfois recouvertes de toile pour protéger des intempéries ou de filet pour protéger des jets de grenades, souvent ceintes de barbelés, les tranchées sont l'obstacle ultime avant le contact au corps à corps. Des barbelés sont donc disposés sur plusieurs niveaux pour que l'adversaire s'empêtre dedans et devienne une cible facile. Le sol, devenant boueux avec les pluies peut être aménagé de clayettes une sorte de plancher en bois avec une rigole en dessous pour évacuer l'eau. Pour éviter d'avoir à remonter les parois de terre, des sacs à terre ou de sable peuvent tapisser les parois ou bien soit par clayonnage des parois par le tressage de branches de bois vert et la pose contre.

Pour l'assaut, des pentes sont creusées et des échelles installées, ces dispositifs sont apellés des guillotines, car dès lors l'attaquant s'expose aux tirs adverses. A l'ordre d'abattre les guillotines, les sapeurs tombent un mur de terre qui barrait l'accès aux pentes et ainsi permmettre aux soldats de sortir de la tranchée. La phrase est la même pour ordonner aux sapeurs de placer les échelles. La tranchée peut être protégé contre le jet des grenades d'un petit fossé creusé en devant où les grenades rouleront et exploseront, projettant les éclats contre les parois de ce petit fossé.
La tranchée, pour éviter les tirs en enfilade, n'est pas rectiligne, elle zigzague et casse ainsi le champ de tir d'un ennemi qui parviendrait à s'introduire dedans ou bien gêner les tirs d'artillerie et rendre les coups au but plus difficiles.
La tranchée est creusée de renfoncement dans la paroi ce qui permet aux soldats de s'y abriter si jamais l'adversaire pénètre dedans pour pouvoir riposter ou bien si une grenade venait à tomber dedans. Ces renfoncement font l'épaisseur d'un homme guère plus.
Dans les tranchées où une présence humaine est nécessaire en permanence des gourbis sont aménagés. Ce sont des pièces creusées dans le sous sol et qui servent de lieux de vie aux soldats. Ils y trouvent du repos, sécurité etc. Les portes sont orientées vers l'arrière, pour éviter qu'un obus ne pénètre par l'entrée explosant à l'intérieur. L'abri ne résiste rarement aux gros obus sauf si il a été bétonné.

La tranchée est tombée en désuétude avec l'augmentation de la puissance de feu du soldat, car avec les fusils d'assaut il n'est plus nécessaire de placer des soldats en rang serré pour avoir une puissance de feu impressionnante. La tranchée sera remplacée par le trou d'homme, plus facile à construire car il ne demande qu'un trou à creuser au lieu de la complexité d'une tranchée. Après la bataille, les tranchées et les parallèles d'approche serviront de fosses communes où indifféremment seront inhumés les morts.
Néanmoins, la tranchée n'est pas encore obsolète. Durant la bataille de Koursk, les soldats soviétiques attendaient les chars allemands dans des tranchées d'où ils pouvaient tirer avec des fusils antichar en étant relativement à l'abri. Qui plus est pour un adversaire sans soutien de chars ou d'aviation, tomber sur une tranchée reste une mauvaise surprise. En airsoft où il n'y a ni artillerie ni aviation et encore moins de chars, une tranchée est souvent la bienvenue pour défendre une position.


Dernière édition par kerpen le Sam 15 Mai - 21:26, édité 9 fois

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